De même que la mise en scène peut pécher par excès, elle peut aussi pécher par

Deuxièmement, nulle action dramatique, née du conflit de passions humaines, ne peut s’isoler des milieux où elle se noue, se développe et tend à sa fin. Voilà l’idée particulière. C’est pourquoi la nouvelle école voudrait ramener l’art à la présentation du réel, sans se rendre compte de ce que cette ambition a précisément de chimérique.

Supposons qu’un poète nous représente Périclès pleurant sur le tombeau du dernier de ses fils. Les salles de théâtre seraient vides si elles ne devaient se remplir que de personnes qu’y amèneraient des motifs aussi louables. Des milieux contingents. Élevée à ce degré, la mise en scène est un art qui n’a rien à envier à l’orchestrique des anciens, et la Comédie-Française est en cela égale, si ce n’est supérieure, aux théâtres d’Athènes. C’est par le sifflement du vent et le bruit du tonnerre que le metteur en scène arriverait à produire un effet analogue. La fumée qui s’échappe de la soupière répond par la perfection d’imitation au jeu de scène qui ouvre le repas et sur lequel l’attention du spectateur est appelée et maintenue pendant un certain temps.

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