En faisant monter les humbles et les déshérités sur le théâtre, en étalant à nos yeux

Ce problème est dominé par un mot dont il faut bien comprendre le sens et la portée; c’est le mot _représentation_. Or ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les sensations que nous font éprouver les oeuvres classiques sont tout aussi réelles, mais qu’elles sont d’un autre ordre, et d’un ordre supérieur. Quoi qu’elle fasse, la chambrette de Jenny ou la hutte du chiffonnier sera toujours plus grande que le salon d’un ministre.

Le réel des pièces modernes disloque le talent des comédiens; et quelques-uns gardent à perpétuité une souplesse d’acrobate. Christian, le regard terne, la démarche légèrement avinée, entre, inconscient de l’écroulement définitif de sa fortune royale, hébété au milieu d’un désastre que rien ne peut plus conjurer. Ils se proposent, pour fin unique: la poésie, le plaisir de l’esprit; la peinture, celui des yeux et la musique celui de l’oreille.

Si donc ce n’est pas dans l’inégalité de leur génie poétique que gît la différence de vitalité de leurs oeuvres dramatiques, il faut en faire remonter la cause à un excès de richesse dans l’imagination de Victor Hugo, qui l’a entraîné à un abus perpétuel d’effets uniquement représentatifs et à une recherche purement épique du pittoresque et de la couleur locale.

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