La conception et la composition d’un rôle imposent à l’acteur qui en est chargé un labeur

Or, tout ce qui nous est étranger est, à un degré quelconque, un peu chinois pour nous. On rapproche ainsi les acteurs de l’avant-scène et on évite que la voix aille se perdre dans le cintre et dans les dessous, ce qui arriverait inévitablement si on jouait sur des scènes profondes.

Quand ils abordent les rôles du théâtre moderne, ils en élargissent les effets, les haussent en quelque sorte d’un ton, et ne sont pas sans influence sur les auteurs qui écrivent pour eux et qui par suite élèvent leur idéal et celui même de la foule qui les applaudit.

Cette année, on a remonté à la Comédie-Française _Bertrand et Raton_, dont un des actes se passe dans le modeste magasin de soieries de Raton Burgenstaf. En dehors du succès personnel que recueille cet acteur, il n’y a pas généralement lieu de s’en féliciter; car, si on admettait de pareilles transpositions, le succès des représentations serait abandonné au hasard. Ce but, quoique plus humble, est cependant celui qui seul justifie les prétentions de l’école réaliste.

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