Mais toujours elle fait partie intégrante du sujet; elle en est en quelque sorte un personnage

C’est la distinction qui importe et d’où se déduisent les conditions de la mise en scène. _Le Cid_ et _Bajazet_. Tout est faux dans la nature peinte qui enveloppe les acteurs; il est donc inutile de faire ressortir ce défaut inhérent aux représentations théâtrales, tandis que tout est vrai, absolument vrai, ou doit le paraître, dans les passions qui animent les personnages du drame. Cet exemple montre qu’il faut lire avec la plus grande attention l’oeuvre que l’on doit mettre en scène et déterminer la nature de l’inspiration de l’auteur. Si ce sont les personnages qui disparaissent, il n’y a plus d’action dramatique; mais si ce sont les tableaux qu’on soustrait à la vue, on enlève au drame ce qui précisément lui donnait l’aspect saisissant de la vie. On sent bien d’ailleurs qu’il ne s’agit point ici d’équilibre entre des nombres, non plus que d’une sorte d’équilibre visuel, mais d’un équilibre moral et dramatique. Nous dirons de plus, au sujet des costumes, que, quelle que soit la vérité présumée de ceux que l’on choisit, ils ne peuvent être jugés et considérés à part de la personne même de l’acteur ou de l’actrice.

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