C’est là ce qu’il fallait imiter, et ce qu’on s’est décidé à faire par intuition peut-être

L’esprit du spectateur est donc obligé de reconstruire rétrospectivement la suite interrompue de ses sensations, de revenir de lui-même sur l’idée de fin qui s’était formée en lui: au lieu d’un mouvement en avant, il éprouve donc, non seulement un temps d’arrêt, mais encore un mouvement de recul. Seulement on n’a pas réussi, ce qui demandait un effort artistique, à constituer le type théâtral d’Antony.

Il a été écrit en effet d’un bout à l’autre sans le secours d’aucune note et d’aucun livre, par la simple méthode spéculative. Quant à _Bajazet_, qui ne devrait jamais quitter pour longtemps le répertoire de la Comédie-Française, et que je ne puis jamais relire sans une profonde émotion esthétique, il devra son éternelle jeunesse à la prédominance des traits généraux sur les traits particuliers, ce qui est remarquable dans un sujet qui aurait comporté facilement un abus d’effets représentatifs, tirés de la vie orientale et des mystères qui planent sur les drames des harems, abus dans lequel ne manquerait peut-être pas de tomber un auteur moderne.

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