Comme le monde, comme les sociétés, comme toutes les sciences, l’esthétique a crû en complexité et

Supposons qu’une actrice, ayant créé il y a vingt ans le rôle d’une convulsionnaire, dût de nouveau en créer un semblable aujourd’hui, devrait-elle se contenter de reproduire identiquement le jeu de scène qui lui a valu jadis un succès? Nullement, car les idées que nous avons aujourd’hui sur les névroses sont sensiblement différentes de celles que nous avions il y a vingt ans. La lecture infirme ou confirme donc le jugement porté par le spectateur après la représentation. Au contraire, une sentimentalité de goguette, la fréquentation d’un monde interlope, la trivialité du goût et des habitudes nous choqueront chez un militaire, auquel nous attachons des idées d’honorabilité, de rigidité même, de droiture et de dignité; et c’est pourquoi nous n’acceptons pas sur la scène, quand il s’agit de militaires, la représentation de ces défauts bien qu’ils soient humains. Le théâtre en présente de nombreux exemples. La mise en scène se modifie comme la société. Les arbres, des bouleaux au feuillage léger, aux troncs clairs, disposés par bouquets, laisseraient le regard du spectateur se perdre dans «l’océan des nuits.

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