La musique y fait encore, comme dans le mélodrame, office de multiplicateur et d’amplificateur

Alors Phèdre se laisse aller sur ce siège vers lequel elle n’aurait pas eu la force de marcher; et c’est ainsi, par le jeu de scène le plus simple, que Phèdre se trouve assise au centre optique, concentrant sur elle tous les regards des spectateurs de même qu’elle concentre sur elle tout l’intérêt du drame. Mais quelle était alors la grandeur tragique ou la profondeur comique du spectacle qu’offraient aux esprits, longuement préparés à le comprendre et à le goûter, la rencontre et le conflit de ces personnages plus vrais que la réalité elle-même! L’intérêt de ce jeu poétique était si puissant, que le reste était de peu d’importance: ce n’était qu’une affaire de convention définitivement et préalablement réglée entre le poète et le spectateur.

Ce que nous avons dit suffit pour démontrer que la mise en scène ne doit jamais contredire le texte poétique ou l’idée qu’on peut se faire des lieux, de l’époque, des costumes, de l’attitude et du langage des personnages.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *