Ce n’est pas la musique qui fait couler nos larmes, ce sont celles qui tombent goutte

Son influence sur la composition du rôle de Thésée. Son jugement artistique. C’est là que la faculté maîtresse se dévoile ou se montre décidément absente. Il n’y a qu’un cas où l’acteur peut tourner le dos à celui qu’il évoque ou qu’il invoque, c’est lorsque celui-ci est un fantôme qui n’a de réalité que dans l’imagination du personnage.

Voilà l’idée générale. Sous aucun prétexte il n’est permis de s’y soustraire. Le jour où le Corps législatif, dans un esprit d’ignorance ou d’aveuglement, supprimerait ou diminuerait seulement ces subventions, il porterait du même vote un coup funeste à l’art français; il assurerait à bref délai l’envahissement de tous les théâtres par les adeptes les moins scrupuleux de l’école, réaliste et tarirait à l’avance dans les yeux de nos enfants la source des plus douces larmes qui se puissent verser ici-bas. Mais ce n’est là qu’une critique peu importante.

Sans doute la plupart des spectateurs sont armés de lorgnettes qui comblent en partie cette distance, mais il n’y a pas à s’arrêter à cette objection; car, s’il y a un fait certain, c’est que la lorgnette est destructive du plaisir théâtral, puisqu’elle a pour effet de rompre l’illusion que l’on a eu quelquefois tant de peine à produire.

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