Nous écartons tout d’abord les oeuvres classiques qui méritent une étude spéciale

Destructibilité de la mise en scène. A ne considérer que le sens premier des mots, il n’y a guère de différence entre elles; cependant on ne peut contester qu’il n’y en ait une notable si nous considérons l’emploi que nous faisons de ces deux mots, quand nous les appliquons à des ouvrages dramatiques. Je ne ferai à cela aucune chicane archéologique, bien que dans les maisons antiques l’appartement réservé aux femmes ait dû être dans une même partie de la maison. Le cas de la poésie est plus complexe, parce que rien ne parvient à notre esprit que par l’intermédiaire obligé de nos organes; mais la poésie elle-même déchoit si, au lieu de considérer le plaisir des yeux et de l’oreille comme subordonné à celui de l’esprit, elle emploie, pour captiver l’esprit, le prestige de la peinture ou la séduction de la musique. Pendant que les peintres préparent et brossent les décors, on monte la pièce. Le jeu des acteurs s’assure et s’harmonise, leur voix prend des intonations chaudes et puissantes; ils semblent possédés du génie du poète dont les pensées et les vers franchissent incessamment la rampe; les spectateurs, de leur côté, sentent leur esprit se tendre sans fatigue, leurs sens devenir plus subtils, et leur coeur prêt à battre plus rapidement sous l’étreinte du poète.

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