C’est pourquoi, au théâtre, l’ancienne unité décorative ne correspondrait plus en rien à nos idées actuelles

Comme le monde, comme les sociétés, comme toutes les sciences, l’esthétique a crû en complexité et en hétérogénéité, et nous ne sommes pas sans doute encore au bout des transformations que l’avenir lui imposera. La mise en scène s’est bien lentement perfectionnée et nos idées sur le costume datent à peu près de la fin du siècle dernier. Or, au théâtre, le tact ne peut pas s’exercer, et la distance est toujours assez grande pour que les sensations tactiles associées aux sensations optiques soient excessivement faibles, car ce ne sont que des réminiscences. Depuis plusieurs années j’ai assisté à un très grand nombre de ces représentations, et c’est un point que je me suis efforcé d’éclaircir, en analysant mes propres impressions et en les comparant avec celles que me semblait éprouver la salle tout entière. C’est ainsi qu’en 1878, à la Comédie-Française, on a repris _le Misanthrope_ avec les costumes faits en 1837 pour une représentation de gala à Versailles et qui sont à la mode de la minorité de Louis XIV, bien que _le Misanthrope_, qui date de 1666, eût toujours été joué jusqu’alors en habits carrés de la seconde moitié du siècle.

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