Cette nécessité inéluctable de ne pas blesser la raison du spectateur, de ne pas l’induire à

Chez les Espagnols, chez les Anglais, et enfin chez les Allemands, les poètes ne s’en sont jamais préoccupés. Et dans ce cas la mise en scène s’élevait au rôle d’une puissance mystérieuse, supérieure à la volonté humaine: elle nouait ou dénouait le drame comme la fatalité antique. En un mot, on pourrait dire que la fantaisie, c’est de l’esprit dans l’imagination. Dès que l’action dramatique éveille en nous la sympathie que nous ressentons pour toute douleur ou toute joie, le décor échappe rapidement à notre attention, et la mise en scène disparaît à nos yeux. Ainsi compris, l’art de la mise en scène aurait sa fin en lui-même, ce qui serait, pour qui réfléchit, son anéantissement, car il deviendrait, ici, l’art du peintre, là, l’art de l’architecte, là, l’art du sculpteur, là, l’art du tapissier, etc. Deux âmes mises et maintenues en présence, en dehors de toute influence objective, ne peuvent échanger que des idées purement psychologiques. Sauf le voile, c’est le vêtement qu’elle conserve pendant tout le cours de la représentation.

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