La scène est un trapèze à peu près invariable dans le sens de la largeur, mais

Il en est de même dans les scènes successives; car chacune d’elles a en quelque sorte ses péripéties et son dénouement. Il suffit de rappeler l’engouement peu justifié du public, à toutes les époques, pour tel poète ou pour telle oeuvre dramatique. La réalité est une cause formelle et non finale d’une évolution dramatique. Quelque parti que nous prenions, quelles que soient les recherches savantes et archéologiques dont nous nous fassions guider, jamais notre scène, avec ses personnages de création toute poétique, ne nous offrira un tableau véritable de la vie antique; pas plus d’ailleurs que les personnages héroïques qu’ont peints Homère et Eschyle n’ont jamais ressemblé aux êtres historiques dont un savant moderne, dans sa foi ardente, exhume les restes à Mycènes et à Troie. Si nous regardons d’abord avec attention un paysage, nous nous apercevrons que la distance a pour effet, dans la nature, de rendre de moins en moins visibles les nombreux détails de chaque objet et d’éteindre de plus eu plus l’éclat de leurs couleurs par l’épaississement progressif de la couche d’atmosphère; si ensuite nous examinons un tableau, nous verrons que les peintres produisent l’illusion de l’éloignement, d’une part, par l’effacement des traits particuliers, et, d’autre part, par la dégradation des tons.

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