Dans _phèdre_, oenone et théramène ont des costumes appropriés à leurs conditions

Mais enfin tel trait qui, dans son jeu, eût paru extravagant il y a vingt ans, paraîtrait aujourd’hui vrai et naturel. Aujourd’hui, il a complètement disparu de la Comédie-Française, de l’Odéon, du Vaudeville et du Gymnase. Il résulte donc des dispositions de la scène et des effets qui en sont la conséquence que la mise en scène doit établir un rapport de valeur entre l’importance d’un jeu de scène et l’endroit du théâtre où il faut l’exécuter, et que dans une scène, et par suite dans un acte, les positions relatives des personnages sont liées à l’importance qu’ils prennent alternativement dans le développement de l’action. Au premier acte du _Monde où l’on s’ennuie_, lorsque le sous-préfet et sa femme sont introduits et se trouvent seuls dans le salon de la duchesse de Réville, la jeune sous-préfète s’approche du piano ouvert et se met à jouer un air d’opérette. Quant à _Bajazet_, qui ne devrait jamais quitter pour longtemps le répertoire de la Comédie-Française, et que je ne puis jamais relire sans une profonde émotion esthétique, il devra son éternelle jeunesse à la prédominance des traits généraux sur les traits particuliers, ce qui est remarquable dans un sujet qui aurait comporté facilement un abus d’effets représentatifs, tirés de la vie orientale et des mystères qui planent sur les drames des harems, abus dans lequel ne manquerait peut-être pas de tomber un auteur moderne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *