La lecture infirme ou confirme donc le jugement porté par le spectateur après la représentation

De la scène. Supposons qu’une actrice, ayant créé il y a vingt ans le rôle d’une convulsionnaire, dût de nouveau en créer un semblable aujourd’hui, devrait-elle se contenter de reproduire identiquement le jeu de scène qui lui a valu jadis un succès? Nullement, car les idées que nous avons aujourd’hui sur les névroses sont sensiblement différentes de celles que nous avions il y a vingt ans.

Comme grandeur elle est, il est vrai, la principale; malheureusement elle est mal placée, reléguée qu’elle est au fond à droite, sur un plan reculé.

Montmeyran est un militaire comme Raymond; mais le second a fourni une image initiale aux contours un peu secs et tranchants, tandis que le premier se révèle sous les traits d’une image aux angles adoucis. Les sensations tactiles ne figurent que comme des sensations ordinairement associées à des sensations optiques, et la sûreté de nos appréciations est au théâtre constamment mise en défaut par la distance. L’art dramatique avait jusqu’alors soustrait ses personnages à toutes les forces naturelles qui assiègent l’homme et les avait uniquement soumis à l’empire des idées.

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