La disparition de l’orchestre entraîne cette conséquence que, lorsque la musique doit jouer un rôle dans

Or toujours, dès qu’il y est figuré des soldats à pied ou à cheval, que ce soient des licteurs, des porte-étendards, des archers ou autres, ils sont formés en groupes irréguliers, présentant une disposition artistique bien plus que militaire. Dans un tableau, cette contradiction serait absolument choquante et constituerait une faute grossière. Si nous nous transportons au cinquième acte d’_Hernani_, au moment où doña Sol voudrait entendre s’élever le chant du rossignol au milieu de cette belle nuit nuptiale, c’est le son inattendu du cor qui résonne au milieu de la solitude de la nuit et vient rappeler à Hernani qu’il est l’heure de mourir. Est-il un but plus noble que celui de convier à un plaisir aussi parfait et aussi pur un peuple récemment affranchi, mais libre, hélas! pour le mal comme pour le bien, échappé à la discipline avant la fin de son éducation intellectuelle et morale, et porté naturellement à toutes les satisfactions des sens? N’est-il pas à espérer que parmi ce peuple, ceux qui auront une fois goûté et apprécié un plaisir si délicat se sentiront moins entraînés vers des plaisirs grossiers? C’est là qu’est la moralité de l’art et la raison de son influence sur la destinée humaine et sur la marche de la civilisation.

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