C’est la nuit, tout dort dans le camp des grecs

En généralisant le phénomène, on peut dire que dans un temps réel infiniment petit nous pouvons faire tenir un temps imaginaire infiniment grand. Cela étant bien compris, voyons quel était jadis le rôle de la musique dans les représentations dramatiques. La mise en scène ne peut pas s’isoler et se séparer de l’esthétique, dont elle n’est qu’une partie subordonnée; elle ne doit pas obéir à des principes différents.

Tandis que l’oeil du spectateur enveloppe la scène, interroge tous les objets témoins de l’action qui va se dérouler, scrute jusqu’au moindre détail de la décoration, suit les personnages dans leurs mouvements, dans leurs attitudes, dans leurs gestes, son oreille est suspendue aux lèvres des acteurs, analyse toutes les impressions sonores qu’elle reçoit; et ces deux organes fournissent incessamment à l’esprit les éléments qu’il va successivement coordonner avec les faits ainsi qu’avec les caractères et les passions des personnages. On en aura une idée approximative quand on se sera rendu compte que l’esprit est occupé à la coordination d’un nombre considérable d’impressions auditives, visuelles et intellectuelles, dont les éléments changent constamment, se compliquent, se croisent, s’ajoutent ou se retranchent dans un mouvement incessant.

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