Elle doit donc être sommaire et pourvoir uniquement aux nécessités scéniques

Ce qui entraîne souvent les poètes, c’est que les changements les plus compliqués n’exigent d’eux qu’un trait de plume; et que leur imagination élève ou renverse des palais avec une rapidité telle qu’elle n’altère en rien la contiguïté des différents moments d’une action partielle qui pour leur esprit reste une et indissoluble. Le drame commence donc par une entente tacite entre le spectateur et le poète; celui-ci est certain qu’au moment voulu l’esprit du public prendra telle direction, appellera et par suite acceptera telle péripétie qui, sans cette sorte de complicité préalable, aurait peut-être paru inutile ou contraire à la logique, et qui, en tout cas, à un moment inopportun, aurait compliqué l’action d’un élément nouveau et distrait l’attention du public en exigeant de lui une coordination immédiate et inattendue. Que se passe-t-il donc en nous quand nous lisons une oeuvre dramatique? Il est clair qu’elle ne pénètre pas dans un esprit vierge de toute impression similaire.

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