La mise en scène idéale est le modèle et le point de départ de la mise

En résumé, lorsque pour des raisons supérieures on croira nécessaire d’augmenter l’effet représentatif d’une oeuvre dramatique, la dérogation aux principes essentiels de la mise en scène trouvera dans le milieu théâtral soit des circonstances atténuantes, soit des circonstances aggravantes.

Il en est de même dans les scènes successives; car chacune d’elles a en quelque sorte ses péripéties et son dénouement. Ce que l’on prend d’ailleurs souvent pour des restaurations ne sont que des caricatures décoratives: c’est ainsi qu’il y a quelques années on avait une tendance générale à jouer dans des décors de style pompéien les tragédies dont l’action nous reporte au delà des temps historiques de la Grèce. Qu’importe d’où viennent et où vont Scapin, Lisette, Géronte, Éraste et Isabelle, réunis par le caprice du poète dans un même enchevêtrement d’événements, pourvu que nous riions des fourberies de l’un, de la malice de l’autre, de la sottise de celui-ci, et que nous assistions au triomphe final des amants! Qu’importe qu’ils se rencontrent ici ou là, dans un décor représentant un appartement ou une place publique! C’est par pure bonté d’âme que le poète daigne parfois nous apprendre que la scène se passe à Naples ou à Paris: nous n’avons que faire de le savoir, puisque ce sont les mêmes personnages, qu’il transporte à son gré aux quatre coins du monde. C’est l’entrée triomphale d’un héros, d’un conquérant, du représentant et du sauveur de la monarchie. _L’Avocat Patelin; Bertrand et Raton; Pot-Bouille; la Charbonnière.

Au surplus, on n’aurait eu, pour découvrir cette règle bien simple, qu’à regarder les médailles antiques, qui sont des objets d’art, et comme tels en laissent apercevoir les procédés. L’éducation, l’instruction, le commerce avec nos semblables nous inculquent certaines façons de penser, de dire, d’agir, qui varient suivant le milieu où nous avons vécu. Je suis donc heureux de saluer ici M. Mais, dans les belles oeuvres, ces deux commotions du pathétique et du beau se résolvent enfin en une seule, qui se fait sentir, en général, au quatrième acte, après lequel il ne reste plus au poète qu’à apaiser l’émotion soulevée dans l’âme du spectateur, à ramener l’équilibre dans son esprit, et à lui laisser du spectacle tragique une impression complète en soi, dont le souvenir est destiné à s’associer avec une idée de plaisir organique et de joie morale.

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