En outre, en offrant ainsi au héros un siège aussi défavorable, le metteur en scène devient

Montmeyran est un militaire comme Raymond; mais le second a fourni une image initiale aux contours un peu secs et tranchants, tandis que le premier se révèle sous les traits d’une image aux angles adoucis. Nous avons insisté sur l’accord qui devait régner entre l’effet représentatif d’une oeuvre dramatique et sa valeur intrinsèque, et nous avons surtout montré que tout ce qui s’ajoutait inutilement à cet effet représentatif était nuisible à l’oeuvre elle-même, en distrayant l’esprit de ce qui devait être sa principale et quelquefois son unique préoccupation. Dans le premier cas, nous serons moins exposés à subir l’influence de nos yeux, et l’attention de notre esprit sera une force subjective très résistante à toutes les causes objectives de distraction, tandis que dans le second notre esprit, mobile et flottant, ouvert aux impressions du dehors, sera disposé à se laisser séduire par le charme des images optiques. On voit en quels sens divers le talent d’un comédien peut toujours progresser par l’observation; c’est un art qui n’est jamais immobile, mais qui se renouvelle constamment et qui, dans son évolution, suit les évolutions des idées humaines.

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